Brooks, Colette
Dans la ville
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Quel genre de personne est une personne de la ville ?
Cette question prend une importance croissante, suggère Colette Brooks, à mesure que la ville commence à s'étendre, inexorablement, jusqu'aux confins de l'esprit moderne. Une possibilité : une personne de la ville est quelqu'un "qui ne ressent pas le besoin de terminer un puzzle, qui se délecte des bords déchiquetés et des courbes orphelines, des bribes de données, des histoires extraites de phrases à moitié entendues dans la rue."
Quelqu'un qui est prête, parfois avide, à s'immerger dans le mystère.
Lauréat du prix PEN/Jerard Fund, In the City est une exploration idiosyncrasique, lyrique et audacieuse de l'expérience urbaine. Cette œuvre audacieuse et imprévisible insuffle une nouvelle vie à la forme non-fictionnelle. Chroniquant les vies souvent hasardeuses des citadins et des villes elles-mêmes, In the City est une fenêtre sur la psyché urbaine.
Une narratrice anonyme parcourt les rues d'une ville anonyme, pratiquant des "actes aléatoires de conscience" alors qu'elle rassemble des morceaux disjoints du puzzle. Elle se trouve parfois dans une ville qui semble être New York, et parfois dans des villes à l'autre bout du monde. Dans ses errances, elle collecte des bribes d'histoires, certaines tirées des titres de journaux, d'autres des rues, d'autres encore du passé lointain.
Elle étudie les criminels, les passants innocents, les navetteurs ; un peintre renommé qui a fui à la campagne ; un poseur de bombes qui envoie aux citadins inconscients des colis mortels marqués "personnel" ; une femme aveugle et sourde qui adore prendre le métro ; un jeune chauffeur de taxi qui garde un dictionnaire ouvert à ses côtés en conduisant, s'efforçant d'apprendre une langue étrangère ; un explorateur perplexe qui se retrouve, contre toute attente, échoué au bord du monde.
Toutes ces personnes, découvre-t-elle, sont des citadins, qu'elles le sachent ou non.
Certains prospéreront, d'autres seront perdus, victimes du hasard et de l'infortune : la femme qui boit seule dans un appartement en grès brun ; les anciens citadins qui n'ont pas pu échapper au feu ou à l'inondation ; les enfants dont les visages finissent sur des affiches murales. Ceux qui survivent apprennent, tôt ou tard, que chacun côtoie des fantômes qui marchent à leurs côtés.
In the City nous montre que la ville est un lieu où passé et présent se mêlent, où les questions ont rarement des réponses, où le danger, la difficulté et l'exaltation s'entrelacent de manières que nous pouvons à peine commencer à expliquer.
Bienvenue dans la ville, le lieu où toutes les indications contraires sont vraies.
