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Raphael, Frederic

L'Antiquité, c'est important

L'Antiquité, c'est important

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Si vous êtes intrigué par le lien entre Archimède, mathématicien du IIIe siècle av. J.-C., et le compositeur autrichien Anton Webern, ou fasciné par l’existence d’une vidéo Youtube de la version télévisée en noir et blanc de 1966 du Phédon de Jonathan Miller, avec Leo McKern dans le rôle de Socrate, alors ce livre est fait pour vous. Il est présenté dans l’introduction comme un type de « montage » destiné à servir de « manuel » offrant des « points de repère » vers l’« intelligence » et le « divertissement » (p. xiii). Délibérément provocateur dans sa conception, il comprend 79 chapitres courts sur un méli-mélo de sujets classiques allant des problèmes de la démocratie athénienne à la peur des étrangers et des émigrants ; des mythes classiques et des dérivations de mots latins aux attitudes grecques envers les animaux ou l’échec ; des relations raciales et de la guerre civile aux sandales légères et au cricket — arrangés dans un ordre vaguement chronologique.

Ce livre offre un aperçu léger de notre héritage classique, rempli d’anecdotes et de récits d’histoires plus ou moins connues du monde classique, comme celle du massacre de Cleitus le « Noir » par Alexandre le Grand (« le fratricide remplaça la fraternité » p. 268) ou du sénateur néo-platonicien Rogatianus, guéri de la goutte par la pauvreté volontaire menant à un exercice physique bénéfique (p. 117). Il navigue aisément entre les mondes antique et moderne, retraçant les origines de pratiques modernes comme la corrida espagnole et l’athéisme.

L’écriture est vigoureuse, émaillée de nombreux bons mots (« Ceux qui tuent ensemble restent ensemble » p. 126, « le credo a supplanté la science et entravé la pensée » p. 82, « le rang puait » p. 87), d’observations paradoxales (« la crainte et le désir du progrès » p. 37) et de jingles allitératifs (par exemple, l’Australie est un « paradis pénitentiaire » (p. 191), Alcibiade et Catilina sont des « renégats sur mesure » (p. 247) et les jeunes mariées sont une « marchandise matrimoniale » (p. 263). Le danger de telles démonstrations d’érudition aussi vastes et brillantes, assaisonnées d’allusions et de chutes de récits connus ou de citations célèbres (comme « massacré pour faire une fête romaine » de Byron), est la diffusion superficielle de désinformations : pas seulement des coquilles mineures, comme lorsqu’un grand seigneur spartiate à Salamine devient Euryblades (p. 198), mais l’attribution plus sérieuse de trois colonnes corinthiennes intérieures au temple de Bassae, une affirmation pour laquelle Classics: A Very Short Introduction de Mary Beard et John Henderson ne peut être tenu pour responsable (p. 74). Le livre se termine également brusquement avec l’intérêt de Tacite et d’Himmler pour la Germania, la conclusion hâtive étant que les intellectuels modernes déforment et pervertissent les textes anciens à tel point que les habitants du monde méditerranéen « ne seraient pas à l’aise dans ce que l’ingéniosité volontaire ou la rétrospective tendancieuse choisit de faire passer pour le visage restauré ou le logos traduit de l’Antiquité » (p. 339).

Ce livre est destiné au divertissement du grand public plutôt qu’à une digestion sérieuse, ce que favorise l’index complet et éclectique. Tout le grec est translittéré et traduit, de même que le latin, et tous les termes techniques sont brièvement expliqués. On trouve également de nombreuses suggestions de lectures complémentaires dans les notes de bas de page, dans différentes langues.

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