Gluck, Louise
Marigold et Rose
Marigold et Rose
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Marigold et Rose est une fiction magique et incandescente de la lauréate du prix Nobel Louise Glück.
« Marigold était absorbée par son livre ; elle en était arrivée au V. » Ainsi commence Marigold et Rose, l’étonnante chronique de Louise Glück sur la première année de la vie de deux jumelles. Imaginez un conte de fées qui est aussi une saga multigénérationnelle ; une pièce à quatre mains qui est aussi une symphonie ; un poème qui est aussi, dans l’esprit de La Métamorphose de Kafka, un acte incandescent d’autobiographie.
On y retrouve les éléments attendus dans l’histoire de jumelles : Père et Mère, Grand-mère et Autre Grand-mère, l’heure du bain et la sieste — mais plus que cela, Marigold et Rose est une investigation du grand mystère du langage et du temps lui-même, de ce qui est, de ce qui a été et de ce qui sera. « En dehors du parc, il y avait le jour et la nuit. Qu’est-ce que cela représentait ? Cela représentait le temps. La pluie est arrivée, puis la neige. » Les jumelles apprennent à monter les escaliers, elles se regardent comme des criminelles à travers les barreaux de leurs lits, elles commencent à parler. « C’était le soir. Rose souriait placidement dans la baignoire en jouant avec l’éléphant gicleur, qui, selon Mère, représentait la patience, la force, la loyauté et la sagesse. Comment fait-elle, pensait Marigold, en sachant ce que nous savons. »
À la fois triste et drôle, et traversé par un sentiment d’émerveillement stoïque, ce petit miracle de livre, qui suit treize recueils de poésie et deux collections d’essais, ne ressemble à rien de ce que Glück a écrit, tout en étant inévitable, transcendant.
